Du concept de curiosité et de l’invention de la misogynie

Du concept de curiosité et de l’invention de la misogynie 1

Zeus était joueur, taquin, puéril, mesquin et aussi un peu ivrogne sur les bords. Sur l’Olympe, le nectar coulait à flot. L’ébriété constante était source de bisbille avec ses congénères de dieux. Et vraiment, ça lui courrait sur le haricot au Zeus.

Quand il lançait une balle, personne ne la lui ramenait. Quand il caressait sa sœur, elle ne miaulait pas. Quand il montait sur le dos de son cousin, celui-ci ne courrait pas assez vite. Quand il scarifiait sa fille, sa peau ne permettait pas de confectionner de beaux sacs à main pour sa femme. Quand il liposuçait son fils, impossible d’en faire un fard à paupière pour sa mère.

Bref, ses compagnons de beuverie ne lui servaient à rien. Ca tournait souvent au pugilat car tous étaient las du sort que leur réservait Zeus.

Il eut alors une idée foudroyante : peupler le monde d’êtres vivants capables de céder à tous ces caprices sans piper mot.

Il demanda à Prométhée, grand savant curieux de toutes choses qui passait son temps à inventer des trucs et à réfléchir sur tout, de l’aider à mettre son idée à exécution. Prométhée, qui avait un peu autre chose à faire, passa la patate chaude à son frère Epiméthée. Epiméthée était le contraire de son frère. Du coup, Prométhée, connaissant les difficultés de concentration d’Epiméthée, l’aida en fabriquant les moules des créatures terriennes et les accessoires pour les habiller.

Il dit à Epiméthée : « Tu n’as plus qu’à les assembler »

Et Epiméthée, fier de s’être vu confier une tâche aussi importante, s’attela à la tâche. Il créa alors tous les animaux du monde en les associant assez habilement. Il ne se trompait pas dans l’assemblage.

Les poissons avaient des écailles pour nager. Les oiseaux avaient des plumes sur les ailes pour voler. Les lions avaient des dents pour manger les gazelles. Les ours avaient des poils pour se protéger. C’étaient assez bien fait de la part d’un être comme Epiméthée fini au nectar digéré.

Après avoir distribué tous les accessoires, il ne restait à Epiméthée que le moule d’une seule créature : l’homme ! Il serait nu, sans griffes, sans crocs, sans protection dermique. Son espérance de survie au sein de ce bas monde s’éléverait au même niveau qu’une famille de canards traversant l’A10 un samedi du mois d’août.

Son œuvre achevée, il appela Prométhée pour lui raconter son méfait. Prométhée qui était d’une intelligence supérieure eut deux idées pour récupérer la bévue… ce qui déclencha le courroux de Zeus et, par voie de conséquence, la perte de Prométhée.

Sa première idée fut de donner le feu aux hommes pour se protéger, se chauffer et accessoirement attaquer les autres.

Sa seconde idée consista en un entassement de tous les maux auxquels les hommes pourraient être confrontés dans une boite, dans laquelle il glissa une autre petite boîte pour le cas où. Grâce à cela, les hommes n’auraient plus à s’inquiéter des maladies, entre autres. Comme Prométhée savait que Zeus – entre deux godets – surveillait les opérations de son promontoire, il remit en cachette la boite à Epiméthée en lui faisant promettre de ne jamais l’ouvrir… la boite. Il lui demanda également de ne pas lui révéler où il la cacherait et d’inscrire sur le couvercle « Ne pas ouvrir ».

Parce que Zeus s’était bien rendu compte qu’un truc pas clair s’était tramé dans son dos, et que Prométhée avait donné le feu aux hommes et qu’il avait rangé des choses dans une boite. Zeus rendit donc visite à Prométhée pour 1/ lui rappeler que 1/ ce genre de décision n’était pas dans le contrat initial et 2/ lui exiger de lui remettre cette foutue boite.

Pour le feu, c’était fichu. Impossible de le récupérer. Les hommes avaient déjà multiplié les foyers.

Il restait une chance pour la boîte. Manque de bol pour Zeus, Prométhée resta muet sur sa localisation. Du coup, Zeus, qui en plus d’être ivrogne était sadique, se vengea.

1/ Il enchaina Promethée au mont Caucase pour que son aigle aille lui bouffer le foie tous les jours 2/ Il rendit Epiméthée mortel afin qu’il erre sur terre tel l’homme qu’il a créé.

Epiméthée, résigné à son nouvel état, s’était construit un petit logis, avait entrepris de cultiver un lopin de terre et s’était lancé dans l’élevage de quelques têtes de bétail pour survivre. A la fraîche et avec tous les problèmes rangés dans la boîte.

Evidemment, ça ne plaisait pas à Zeus. Alors, pour amplifier les effets de sa vengeance contre Epiméthée en particulier et contre les hommes en général, il décida de créer la femme. Plutôt que de confier cette tâche à un second couteau, il entreprit lui-même, prenant modèle sur sa famille, de créer un être parfait tant physiquement qu’intellectuellement. Cette première femme pourrait engendrer d’autres humains et perpétuer l’espèce. Ainsi, Zeus pourrait continuer de jouer avec ses victimes humaines jusqu’à la nuit des temps.

Zeus nomma cette nouvelle venue Pandore, et il la déposa près de la maisonnée de Epiméthée. Epiméthée, qui était parti chercher de l’eau, tomba nez à nez avec la belle Pandore. Epiméthée était bel homme. Cela lui conférait beaucoup de succès auprès de ses voisins. Toutefois, après avoir vu Pandore, il sut que la barbe des voisins l’intéresserait moins.

Il mena donc Pandore chez lui pour y descendre un litron. Il était seulement dix heures du matin mais Epiméthée avait une idée derrière la tête. Le picrate servi et bu, les deux êtres s’effeuillèrent mutuellement et Epiméthée apprécia beaucoup de pouvoir regarder son partenaire dans les yeux tout en l’honorant.

Epiméthée après cette première expérience mondiale, dut aller couper du bois. On était en février et la sève était bien redescendue des troncs.

Pandore, seule à la maison, contempla cette cabane de célibataire ressemblant plus à une tanière d’ours qu’à un palais. Elle entreprit donc de faire un peu de rangement. Intelligente, elle inventa le dressing, les meubles de rangement pour éviter que tout traine par terre. Elle créa le balai et l’éponge ainsi que la vaisselle pour ne plus manger avec les doigts à même la bête.

En rentrant chez lui, Epiméthée fut émerveillé de toute cette ingéniosité. Il invita ses potes pour qu’ils voient les nouveautés propres à améliorer le quotidien de son logis. Déjà à cette époque, l’homme tirait à son bénéfice les choses faites par d’autres.

Pendant ce temps, Pandore continuait son labeur. En regardant la paillasse sur laquelle elle avait senti des papillons envahir son corps, elle se dit qu’il faudrait surélever cette couche afin que les insectes et petits animaux ne viennent lui manger la chair pendant son sommeil. En soulevant la couche, elle trouva une boite sur laquelle était écrit « Ne pas ouvrir ». Elle se dit in petto, ce qui était plutôt rare à cette époque en Grèce : « C’est ça qui me rentrait dans le dos tout à l’heure ».

L’intelligence est souvent accompagnée de curiosité. Elle ouvrit la boite tandis qu’Epiméthée poussait la porte.

C’est alors que tous les maux de la Terre se répandirent sur les hommes. Epiméthée lui ordonna de vite refermer la boite. Trop tard.

Epiméthée et ses compagnons furent immédiatement envahis de pustules. Pandore fut désignée comme être maléfique. Les humains présents virent immédiatement que son imberbité et ses protubérances pectorales faisaient d’elle un homme pas comme les autres. Et pour cause.

Epiméthée avoua que Pandore était une femme.

Il expliqua, pour adoucir ses concitoyens, que les rapports charnels étaient vachement bien aussi avec les femmes. Et que les femmes utilisaient mieux que n’importe qui les inventions ménagères équipant depuis peu son logement. C’était là l’expression d’une très mauvaise foi qui allait faire son chemin.

Depuis ce jour, l’intelligence est mâle. Ca leur permet de tester les effets des radiations chimiques sur les corps vivants ou de pourrir les océans de plastique, par exemple.

Quant aux femmes, elles furent condamnées à rester au foyer pour l’entretenir, et adopter une position confortable sur la couche, en plus de gérer la marmaille. Il n’aurait quand même pas fallu qu’elles fassent trop d’ombre aux hommes.

Ca aurait pu durer des lustres encore. Mais, souvenez vous en début de ce récit de cette petite boîte glissée dans la grande. Cette petite boîte contenait le nécessaire pour conjurer les maux déversés sur la terre. Epiméthée l’ouvrit immédiatement. Elle contenait l’espérance qui n’a mis « que » 3000 ans pour parvenir à nous et redonner aux femmes l’espoir de trouver la place qui aurait toujours dû être la leur dans la société.

Quand a volé le premier avion à réaction ?

Quand a volé le premier avion à réaction ? 2

Le tout premier avion à réaction était allemand.

Il s’agissait du prototype HE-178 de la société Heinkel.

D’une envergure de 7,09 mètres, une longueur de 7,48 mètres pour 1620 kg, l’avion s’est envolé pour la première fois le 27 août 1939, cinq jours exactement avant l’invasion de la Pologne par les troupes allemandes.

Il a atteint la vitesse record – pour l’époque – de 598 km/h lors des 6 minutes du vol, à une altitude d’environ 2000 mètres.

Fort heureusement, ce premier succès de l’aviation à réaction n’intéressa pas les officiels allemands qui se concentraient sur la production de bombardiers.

Ce n’est qu’en 1943, alors que le Royaume-Uni travaillait de son côté à la propulsion à réaction que le projet fut ressorti des cartons. Trop tard. Le HE-162, héritié du HE-178, sortit d’usine en 1944 à l’aube de la débâcle allemande.

Les origines du cimetière du Père Lachaise

Les origines du cimetière du Père Lachaise 3

A l’origine du cimetière le plus connu de Paris, le père Lachaise, il y a un jésuite : François d’Aix, seigneur de La Chaise.

Né dans la Loire au château d’Aix, le 25 août 1624, au sein d’une famille de pieux catholiques proches du pouvoir royal, François d’Aix grandit sous l’enseignement de son oncle paternel. Ce tonton, jésuite de son état, guide le petit François vers les belles lettres, la philosophie et la théologie.

C’est ainsi que François d’Aix devient jésuite à son tour. Cela le conduit à enseigner à Lyon, Grenoble et Paris. Là, grâce à son amitié avec le gouverneur de Louis XIV, il devient professeur attitré du roi en 1675. François conservera cette fonction d’ami professeur conseiller du roi jusqu’à son décès le 20 janvier 1709.

Le temps de son séjour parisien, François La Chaise élit domicile dans le marais. Toutefois, il aime à aller se reposer à la campagne, dans le coin de… Belleville, Charonne et Ménilmontant. Sa villégiature est la propriété de Mont-Louis appartenant aux jésuites, un domaine de 17 hectares en friche.

Grâce à l’aide royale, François rénovera les lieux et le domaine. Les habitants lui en sauront gré et attribueront le lieu au « père LaChaise ».

Cette appellation marquera tant les esprits que plus de 50 ans après le décès de François d’Aix, alors que les jésuites ont été expulsés de France (il y avait des gens clairvoyants à l’époque) et que Napoléon Bonaparte a décidé de confier à Alexandre-Théodore Brongniart l’aménagement du grand cimetière de l’Est hors les murs de Paris, le cimetière devient le cimetière du Père-Lachaise.